vendredi 25 octobre 2013

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Le Graal perdu

Doris :

C’est l’heure du croche-pied,
notre invité Eric Boulay s’invite pour administrer une jambette à l’actualité.

Notre sujet cette semaine :
« Les frais pour le hockey pee wee : première commotion de l’année »

Bonjour Eric.
Pour briser la glace vous nous proposez une petite mise en train.




Boulay :
Oui.  Souvent en début de saison les athlètes se mettent à trop bourdonner p’is snapper tout d’un coup
parce qu’ils ont pas fait assez d’exercices pour se réchauffer le préalable.

Et croyez-moi, des blessures au bas du corps j’en ai vu, C’est pas beau.
Et des déchirements de chroniques dans la laine ça fait mal.

Genou suggère donc de recommencer tranquillement par le jeu de base.
Vous me lancez une manchette.
Et puis je vous réponds avec un cliché du vestiaire.

Doris :
Entendu.
Allos-y avec une première manchette :

« Barack Obama et l’économie mondiale toujours compromis par le chantage des Républicains du Tea Party. »

-        B)Y en aura pas d’facile, le poque roule pas pour nous autres mais on va donner notre 150 %.

D
« Un prix Nobel de Patience remis à monsieur Higgs pour sa découverte du  boson en 1964 »

-        B) On garde notre positivisme. À m’ment donné le momentum va jouer pour nous autres.

D :
 Les travaux du parlement toujours prorogés

-        B) L’atmosphère a jamais été aussi bonne dans chambre

D
Mike Duffy peine à justifier ses dépenses

- Encore une belle passe des Sénateurs


D :
Et enfin :
Le Service canadien du renseignement secret surpris à fouiller dans les courriels du gouvernement brésilien

Adla adla adla, les Canadiens sont là

D : Passons donc au sujet du jour.
Les frais d’inscription du hockey, Première commotion de l’année.

B:
C’est un sujet de plus en plus discuté
 Les journaux publient des articles sur le sujet. Notre soi-disant sport national est-il encore abordable ?

800 $ pour une inscription de base pee-wee à Regina.
1200 $ avec les frais d'équipes!

D’abord je dispute le titre de sport national associé au hockey.

Je dirais plutôt passe-temps national. C’est l’activité qui remplit le plus les brasseries et vend le plus d’ailes de poulet. C’est le sport qui fait vendre le plus de bière, de gatorade et de mauvais café.

Oui, c’est le jeu auquel on associe les plus grands noms de notre histoire sportive, les Richard, Béliveau, Lafleur. Gretzky et Crosby.

Mais est ce que c’est vraiment le même jeu?



L’année où Paul Henderson a marqué son but mythique pour donner aux Canadiens la victoire dans la série du siècle, je pratiquais mon hockey… dans la rue, dans la cour d’école, facilement deux heures par jour, de la première chute des feuilles en octobre jusqu’à la fonte en avril. Il me fallait en tout, un bâton, une balle ou une rondelle et une poignée de copains.
Le vrai sport national c’était: jouer dehors.
Les deux buts les plus importants que j'ai comptés dans ma brève carrière au hockey organisé (les deux seuls peut-être) je les ai marqués sur une patinoire extérieure.


 Walter Gretzky, le papa le plus célèbre du hockey dit un jour à son épouse qu’il veut s’installer à Brantford où il a trouvé un terrain plat qu'il va arroser pour y voir patiner ses enfants.

C’est un conseil que j'ai moi-même suivi et c’est avec le CH tatoué au cœur que me suis gelé les fesses à  étendre de l'eau pour y faire pousser les jambes des enfants.



Et ça a marché. Les garçons sont robustes, débrouillards dans tous les aspects du jeu.. Un esprit sain dans un corps qui pousse plus vite que les patins.

Mais le rêve de jouer dans la ligue nationale, lui…
Point d’interrogation.

La mère d’un joueur à la veille du repêchage de la grande ligue disait avoir investi 100 000 $ pour que son fils attende un jour l’appel d’un recruteur.

Les parents de Patrick Kane ont investi disent-ils 
250 000 $, pour faire de leur fils le surdoué que l’on sait.


Et je me pose la question honnêtement.

Walter Gretzky aurait-il pu, avec son revenu de technicien chez Bell, accompagner son fils Wayne jusqu’au temple de la renommée?

D : C’est un constat dur. Ou est le rêve?
Et la Sainte Flanelle?

B: Le hockey du flambeau que nos bras meurtris tendent vers l’avenir était un sport de col bleu. Pratiqué sans casque, sans visière, avec un bâton de bois, des patins lourds hérités d’un grand frère et autant de protection que peut en offrir un chandail de laine, une tuque et des mitaines. Aujourd’hui on s’équipe pour se protéger des assureurs.

D : Et la coupe?

B: On aime dire que ça sent la coupe!
Mais qu'est-ce qu’elle sent la coupe?

C’est l’air de la voiture qui fait le parcours entre les arénas, le magasin de sport, l’air climatisé du vestiaire, et les vapeurs de zamboni,

Je suis en train de péter une bulle, j’suis conscient.
J’ai l'air d’un bonhomme 7 heures qui fait disparaître les rêves d'enfant.

Mais j’vais vous en proposer un rêve.
Si au lieu de faire prospérer la détaillant de café imbuvable, on apprenait à se servir des patinoires extérieures, aujourd'hui désertes, là où il en reste?

Si on veut une conquête;
cherchons  l’étang magique à l’orée d’un champ où on peut se fatiguer à compter des buts sans tenir le score, pour mériter notre chocolat chaud.
Faisons des recherches pour retrouver le fabuleux lac gelé entouré de bois ou d’une montagne mystique, le vrai berceau d’un sport qu’on a inventé mais qu’on ne trouve plus que dans la publicité.

Trouvons-les. Et peut-être qu’on retrouvera en même temps notre âme, le vrai feu de notre pays.

Sinon, ben coudon,.. on va continuer à travailler fort dans les coins.

Sur ce je vous annonce sollennellement que je ne suis pas encore dernier dans mon pool. Ça sent la coupe!




















jeudi 24 octobre 2013

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La Charte des valeurs du box office



Doris - Vous nous parlez aujourd’hui de la Charte des valeurs du box office. De quoi s’agit-il?

Boulay: Je suis en train de mettre au point une technique savante pour identifier les valeurs, les trucs importants qu’on inculque aux enfants par l’entremise du petit et grand écran.

Parce qu’on le sait, comme parents on sert à quoi?
À nourrir les zenfants, les habiller et leur conter des histoires.
Et quand on a bien réussi ça, ils décident tout seuls d'aller jouer dehors, courir le plus vite possible en regardant derrière pour voir si la serviette qu'ils se sont attachés au cou vole au vent comme la cape d’un superhéros

Je simplifie un peu.

Doris- Et comment vous y prenez-vous pour identifier une valeur?

J’ai passé pas mal de temps en laboratoire.
Une valeur en soi c’est rien. Si on prend par exemple le chiffre 9…. C’est assez poche. C’est plus petit que 125, plus gros que 2. Difficile de s’y attacher.
Par contre, si on le voit sur le dos d’un chandail du Candiens de Montréal…. TADAA!




C’est Maurice Richard, c’est la fougue, c’est la Coupe Stanley, 
le St Graal des sportifs canadiens-français.


J’ai compris;

1-Qu’une valeur n’existe que dans le contexte d’une histoire,

2- Il faut à un récit pour être une histoire une péripétie, une épreuve.

3- Ce qui caractérise un héros, un personnage, c’est sa façon de faire face aux épreuves aux péripéties..

Doris - Vous avez donc mis au point un procédé pour déterminer les valeurs du cinéma et leur influence sur les enfants.

- Oui. Et je vais vous la partager.

J’ai d’abord choisi un nombre limité d’enfants.
(LES PREMIERS SU’L BORD ET LEURS PARENTS).

Et on s’en est tenus aux histoires que ces cinq personnes ou cobayes avaient vu ensemble.

J’ai choisi 8 films ou séries de films : Le Seigneur des anneaux, Batman, James Bond, Star Trek, The Avengers, Sherlock Holmes, les X Men et Harry Potter. En choisissant ces titres très populaires je me suis dit qu'on rejoindrait une plus grande part de nos auditeurs.

Ce sont ce qu’on appelle des films d’action ou d’aventure. 
Certains diraient des films de gars. Si on avait choisi des comédies sentimentales, les résultats seraient certainement différents.
Puis j’ai produit une liste des principaux personnages de chacun de ces films, une cinquantaine en tout.
Et j’ai demandé aux participants de choisir leurs 5 personnages préférés.

Puis de les mettre en ordre de préférence.
J’attribuais cinq points au premier choix, quatre au deuxième et ainsi de suite.

P- Avant de divulguer les résultats
vous y allez de quelques observations générales

Les héros centraux de chacun des films sont des hommes-ou garçons blancs.
L’ennemi, dans chaque cas est  un mâle blanc.
Il ya des personnages féminins importants : Hermione, "M",  Eowyn, 
Arwyn
Il n’y a pas encore de héros gay.
Par contre, ces séries proposent des duos très forts, des amitiés viriles- dans le jargon on peut dire Bromance,  par exemple : 
Kirk et Spock, Sam et Frodon, Holmes et Watson, Magnetto et Xavier.

Presque toutes ces séries mettent en valeur le travail d’équipe
Exceptions : Batman et James Bond

Règle générale : les héros n’ont pas de famille en termes de frères et sœurs – quand ils ont des parents, ils en ont été séparés très jeunes de façon tragique, Spock-Kirk-Batman-James Bond-Harry Potter

Ron Weasley est une exception éclatante
Et aussi : Thor… son frère a mal tourné

Doris- MAINTENANT PASSONS AUX RÉSULTATS
En sixième position : Ironman

B-Fils de riche- fabricant d,armes, technicien, inventeur, il doit entretenir une sorte de réacteur qui lui tient lieu de cœur. Il s’entraîne

D- 5ième position : Magneto

B-Héros controversé, il prend le parti des mutants contre la race humaine, j’y vois quelqu’un qui lutte pour une minorité. Lui aussi s’entraïne

D- 4ième : Sherlock Holmes :

B-Ruse, perspicacité formidable esprit de déduction. Joué par Robert Downie Jr avec désinvolture. Ce qui le rend charmant et peut expliquer aussi la popularité de Ironman.

D- 3ième : Gandalf :

B-Presque un messie. Il est certes redoutable au maniement des armes, il est aussi rusé mais c'est avant tout un rassembleur- Sa mission est de créer des alliances. Et il est habité plus que les autres d’une foi.

D 2ième : Capitaine America
Le meneur. Il a les valeurs morales avant d’acquérir ses propriétés 
surnaturelles.



D- 1er : Bilbo :
Aucun pouvoir surnaturel. Héros récalcitrant. Il épouse la cause par solidarité.
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Doris - Quel bon vent vous amène?

Boulay - La semaine dernière le 5ième rapport du Groupe Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat a été publié.  Surprise!

Contrairement à ce qui avait été publié précédemment, le climat  se refroidit.
Nous faisons face à une glaciation imminente. L’inactivité humaine en serait la principale responsable. Nous ne produisons pas assez de gaz à effet de serre. 

Le premier ministre canadien, qui n’assiste pour ainsi dire jamais aux débats des Nations-Unies a convoqué une assemblée générale d’urgence.

Il met à la disposition du monde entier, le savoir-faire canadien dans les domaines du développement des énergies fossiles.

Le ministre des Affaires qui lui sont étrangères y va d’un appel à la solidarité internationale et annonce du même souffle  un plan d’action pour contrer l’inactivité humaine.

Les chercheurs du monde entier sont conviés à Calgary pour participer au projet Tyrannosaure qui verra à mettre au point la plus grosse empreinte de carbone possible.

La réunion internationale s’est conclue dans une rare démonstration d’unanimité. Les délégués se sont tous levés pour échapper un gaz symbolique, une petite émssion de méthane pour l’homme. Un grand pet pour l’humanité.

Le Canada sera désormais le meneur de la guerre au refroidissement climatique.

Le ministre des Finances, débloque 10 milliards $ pour aider l’industrie automobile à produire des camions plus gros, plus polluants et moins chers.




 Doris:
Vous n’êtes pas sérieux?

Boulay -      Non! Je me suis dit que ce serait rafraîchissant de proroger un petit moment la réalité et penser en climato-sceptique.
 Et ce n’est pas sans rapport avec le sujet que je nous propose cette semaine.

Doris:
Vous nous avez convié à parler d’utopie.

Boulay:
Et je vais tenir parole. Qu’est ce qu’une utopie?
Il s’agit du nom d’un lieu imaginaire et le titre d’un ouvrage de Thomas More, publié en 1516.

Il est contemporain d’un humaniste dont nous avons déjà parlé, Érasme.

Dans cet ouvrage, Thomas More décrit ce qui lui paraît être un monde idéal tout en critiquant certaines idées reçues, certains comportements de son époque.

Et donc le premier sens d’utopie est un pays imaginaire où un gouvernement idéal règne sur un peuple heureux.




Au XIXième siècle, on dira que c’est un idéal, une vue politique ou sociale qui ne tient pas compte de la réalité. On parlera des utopies à la française : paix universelle, fraternité, progrès pacifique, droits de l’homme. Et depuis on utilise utopie pour désigner un projet irréalisable, synonyme de chimère, illusion, mirage.




Plus récemment on a inventé le mot dystopie : en anglais.
Pour désigner un régime idéaliste qui tourne mal.

Comme l’univers de Big Brother de George Orwell dans son roman 1984
Ou celui d’Aldous Huxley dans Le meilleur des mondes où tout semble parfait à condition de prendre sa prescription de soma qui fait plonger dans un sommeil paradisiaque.

Doris- 
-        Si une dystopie est une Utopie qui finit mal, est-ce à dire qu’une Utopie peut finir… bien?

BoulayJe pense que d’imaginer un monde meilleur est un acte généreux.

On parlait tantôt d’idéaux français.
L’ONU est une utopie.
Chaque fois qu’il en est question, on y trouve des défauts.
Mais c’est un début, une tribune où les peuples peuvent échanger.

Le protocole de Kyoto était une utopie.
Mais on pouvait au moins envisager des solutions aux changements climatiques.

La Convention internationale sur les armes chimiques est une utopie. Mais présentement, il y a des experts en Syrie envoyés pour trouver et neutraliser des armes qui selon les autorités syriennes n’existaient même pas, il y a quelques mois.

Les idées de Thomas More ont eu une belle postérité.
L’auteur par contre, après une brillante carrière de diplomate et politicien s’est trouvé coincé du mauvais côté d’une dispute entre le pape et Henri VIII.

Il lui en coûté sa tête.
Il a pourtant fait preuve d’humour jusqu’à la fin.
Il a demandé l’aide du bourreau pour monter sur l’échafaud en expliquant que pour en redecendre, il s’arrangerait tout seul!








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Doris:
Nous avons perdu la semaine dernière un humaniste de renom, Albert Jacquard. Eric... Un humaniste ça mange quoi en hiver?
 B :
Il y en a des végétaliens, des omnivores, certains qui mangent du poisson le vendredi saint. En gros, la même chose que toulmonde.

L’humanisme est un courant européen qui remonte à la Renaissance.
Un jour des gens se sont éloignés des dogmes et de la pensée scolastique pour redécouvrir les textes de l’Amtiquité – Aristote, en outre.


 On reconnaît les humanistes aujourd’hui en ce qu’ils rejettent la superstition  Ce sont toujours des personnages instruits voir érudits. Jacquard était un généticien, on pense aussi à Carl Sagan astrophysicien, Bertrand Russell, Carl Gustav Jung, Einstein...
qui posent la communauté humaine au cœur de leurs préoccupations plutôt que des décrets divins ce qui n’empêche pas plusieurs d’entre eux d'être religieux.


Doris:
J’ai sous la main quelques citations d’Albert Jacquard que vous m’avez soumises. Je les lis et puis vous commentez :

«Pour moi, le bonheur, c’est de se sentir beau dans le regard des autres.» Extrait du Petite philosophie à l’usage des non-philosophes

B : C’est je suppose une valeur universelle mais qui a une portée personnelle chez Jacquard. Étant petit, il est victime d'un accident de la route qui le laisse défiguré.




Doris:
«L’oisiveté est, dit-on, la mère de tous les vices, mais l’excès de travail est le père de toutes les soumissions.» 

B : Depuis que je suis assez vieux pour lire un journal, la seule manchette que je n’y ai jamais vu c’est « L’économie ». Elle sous-tend toutes les luttes, toutes les guerres.
Elle postule la rareté des biens, d’une part, et la rareté des emplois d’autre part. Et par conséquent,elle nous pose en rivaux. D'où la citation suivante:

Doris : «Le véritable remède contre le chômage est qu’il n’y ait plus de travail pour personne, mais pour chacun une place dans la société.» 

 Doris: Poursuivons:

«Manifester son bonheur est un devoir; être ouvertement heureux donne aux autres la preuve que le bonheur est possible.» 

Boulay :
C’est là une prescription d’hygiène mentale quand on travaille dans une salle de nouvelles, notamment. Si on a l’impression qu’il est indécent d'avoir l’air heureux dans un travail, peut-être que ce travail ne devrait pas exister.


 Doris

 

« La liberté n'est pas la possibilité de réaliser tous ses caprices; elle est la possibilité de participer à la définition des contraintes qui s'imposeront à tous. »

 

 

Boulay: Je soumets cette citation en ayant à l'esprit le débat qui a lieu présentement au Québec. Je ne dis pas qu’il faille en conclure d’être pour ou contre la charte des valeurs. Mais ça me porte à croire qu’il est mal avisé de refuser d’en discuter.

 

 Doris:

« L'objectif de toute éducation devrait être de projeter chacun dans l'aventure d'une vie à découvrir, à orienter, à construire.  »

 

Boulay:

 C’est presque la devise de Star Trek :

To boldly go where no man has gone before

 

À placer aux côtés d’un autre citation de Jacquard

 

La vérité ne se possède pas, elle se cherche.

 

 

 

Doris:

"Le sport et non le score."

 

Boulay :

Pour faire un grand match de hockey, il faut deux équipes qui jouent bien et un bon arbitre. Le compte final, le score c’est pour les pools. Pas pour le hockey.

 

Doris:

Par ailleurs, dans d’autres nouvelles….

 Voyager 1 a quitté le système solaire le même jour qu’Albert Jacquard.


Boulay: L’appareil est pourvu d’une plaque de cuivre (conçue par Carl Sagan, un humaniste !) portant de la musique entre autres de la chanson Johnny be good de Chuck Berry.
On y trouve aussi des illustrations dont des planches anatomiques des organes sexuels humains....

Ce devrait être un hit si Voyager 1 atterrit sur une planète peuplée d’adolescents!








2

Doris:
Vous avez peut-être entendu, les Jeux olympiques ont changé de patron hier. Monsieur Rogge cède la place à monsieur Bach.
 Et puis il y a eu le marathon de Regina cette fin de semaine.
 Pourquoi ne pas faire une jambette à l’actualité.

Aujourd’hui : Ce qu’il faut savoir sur le marathon sans devoir le courir.

Boulay:
D’abord, l’origine.

En 1874, un fils de noble porté sur la pédagogie circule de capitale en capitale pour faire avancer son projet; offrir à la jeunesse du monde un événement athlétique qui suscitera l’émulation et nourira
l’adage : un esprit sain dans un corps sain.

Monsieur le baron de Coubertin -c’est son nom-  a en main une liste d’épreuves athlétiques inspirées des jeux de l’Antiquité : lutte, lancer du javelot, des courses, de quoi tenir un événement de quelques jours dans la ville d’Athènes s’il peut convaincre les autorités grecques de recevoir l’événement.

Il s’apprête à partir quand il reçoit une lettre d’un ami qui l’appuie dans ses démarches : Je vous la lis :

"Puisque vous allez à Athènes, voyez donc, si l’on peut organiser une course de Marathon au Pnyx. Cela aura une saveur antique. Si nous savions le temps qu’a misle guerrier grec, nous pourrions établir le record. Je réclamerais pour ma part l’honneurd’offrir « la Coupe de Marathon ».
Pardon pour ces lignes écrites au galop dans une chambre d’auberge."



D: VOUS AVEZ DIT PNYX?

E: Oui, l’équivalent de l’hôtel de ville d’Athènes à l’époque.

Le billet est signé: Michel Bréal.  Retenez le nom. Il a aussi donné aux Jeux olympiques sa devise : Citius, altius, fortius.

Aujourd’hui marathon est un nom commun. Des marathons il y en plus de 500 dans le monde chaque année.

Mais le Marathon dont parle Bréal est un nom propre, le lieu d’une bataille célèbre de l’Antiquité mettant aux prises les troupes grecques dirigées par Miltiade et les envahisseurs venus de Perse.

 Dans les années précédant la lettre de Bréal des archéologues avaient mis à jour le tombeau d’un soldat grec perdu dans cette bataille.



Des poètes dont Lord Byron y ont trouvé de l’inspiration.
On évoquait une légende à l’effet qu’un messager fut envoyé après la bataille prévenir les Athéniens de la victoire.

Il aurait parcouru les 40 km de Marathon à Athènes où il aurait dit Victoire ( Nike) en ancien grec avant de mourir d’épuisement.

D: NIKE! Comme les souliers de course

E: Cette histoire romantique nous la devons à Plutarque qui vécut 600 ans après la bataille dont on parle.

Une description légèrement différente nous est parvenue du poète Hérodote qui vécut au temps de cette bataille.

Un messager aurait été envoyé non pas après la bataille mais avant pour aller chercher du renfort, non pas à Athènes mais à Sparte.
Une course de 250 km!

Il y eut aussi une course vers Athènes après le combat mais elle a été parcourue par toute l'armée grecque se repliant pour protéger la capitale d’un possible débarquement ennemi.

Toujours est-il que l’idée d’une course reliant Marathon à Athènes aida à convaincre les autorités d’accueillir les premiers jeux olympiques de notre ère. Le fait que Spirydon Louis, un coureur grec l’ait remporté devant les siens contribua aussi certainement au succès que connaît encore aujourd’hui cette épreuve.

Alors que 15 coureurs se présentent lors du premier marathon olympique, on estime qu’en 2010 aux Etats-Unis seulement 500 000 personnes ont parcouru avec succès les 42,125 km de l’épreuve.

D: La distance officielle du marathon est non pas de 40 km comme à l’origine.
Mais de 40,195 mètres. Pourquoi?

E: C’est la faute au roi d’Angleterre. Edouard VII.

Aux jeux de Londres en 1908, la course doit partir de la pelouse du château de Windsor pour faire plaisir aux enfants de la famille royale, qui veulent assister au départ des concurrents.

Mais on décide au dernier moment que l'arrivée doit se faire au White City Stadium, devant la loge royale où 
Edouard VII est présent. Du coup, la distance ne tombe plus juste. Le marathon sera pour toujours fixé à 26 miles et 385yards, soit 42,195 km.

Encore aujourd’hui, en franchissant le 40 ième km il peut arriver qu’on entende God save the Queen pour saluer les derniers 2195 mètres que nos mollets doivent à la monarchie.









1


CHARLEMAGNE A-T-IL VRAIMENT INVENTÉ L’ÉCOLE ET

Doit-on s’en remettre à France Gall pour l’histoire de la pédagogie?

 

 


 

Doris:

 

C’est la semaine de la rentrée scolaire, une période affairée pour les parents, les professeurs,un moment quelquefois tristounet pour certains, mécontents qu’approchent les autobus jaunes et que s’éloignent petit à petit … l’été et les vacances.

 

Mais qui donc eut cette idée folle d’un jour inventer l’école? Charlemagne?

QUI EST-CE CHARLEMAGNE?           

 

Boulay:

Son nom de baptême est Charles (ou Karl)

Ça deviendra Charles Magne en latin magnus qui veut dire Grand. C’est le fils de Pépin le Bref et Bertrade de Laon appelée aussi Berthe au long pied.

 

Doris: Des noms colorés.

 

Boulay: On surnomme Pépin le Bref parce qu’il n’est pas très grand et pour le distinguer de son aïeul Pépin le Gros

- qui n’était pas très mince.

 

Le surnom Berthe au grand pied est aussi intriguant. Il s’agit de la reprise d’une légende très ancienne de reines réelles ou fictives qui boitent.

On dit la légende de la reine Pédauque. Il semble qu’on retrouve souvent de ces personnages sculptés dans les ornements d’église.

 

Doris: Et Ça se déroule quand tout ça?

 

Boulay: Nous sommes au huitième siècle après JC.

Pour ne pas s’embourber dans les dates retenons en une :

Le 25 décembre (NOEL) de l’an 800, jour où Charles sera sacré à Rome empereur d’Occident, le premier empereur depuis la chute de Rome. Ce titre fera l’envie de tous les monarques européens qui lui succéderont pendant 1 000 ans incluant Charles Quint et même Napoléon Bonaparte.

 

Doris: Maintenant quel est son rapport à l’école?

 

Boulay: Comme chef d’un territoire de plus en plus large il a besoin de ce qu’on appellerait aujourd’hui une fonction publique des gens capables d’écrire des lois, de calculer aussi, et capables de communiquer entre eux dans une langue commune qui sera le latin. Alors forcément il va favoriser l’éducation par les monastères par exemple, ou les écoles cathédrales.

 

L’image du roi soucieux d’éducation s’est perpétuée par delà les siècles : on en a fait le patron de l’Université de Paris, et encore dans les manuels scolaires de 1950 on retrouve des vignettes le montrant  barbu séparant les bons élèves des plus paresseux.



 

Doris: Ce devait être un peu intimidant.

 

B: Oui, D’autant que l’écolier a à l’esprit la figure historique bien sûr mais aussi et surtout le personnage légendaire, héros de la Chanson de Roland premier grand récit épique de la langue française. 

Véritable Ironman de la mythologie européenne.

 

Voici comment on le dépeint en quelques strophes:

 

(À la Albert Millaire)


"Sous un pin, près d'un églantier, un trône est dressé. tout d'or pur: là est assis le roi qui tient douce France. Sa barbe est blanche et tout fleuri est son chef; son corps est beau, son maintien fier: à qui le cherche, pas n'est besoin qu'on le désigne. Et les messagers mirent pied à terre et le saluèrent en tout amour et tout bien."

Ou mieux encore... En action! Contre l'Émir qui est...

"d'une grande vigueur. Il frappe Charlemagne sur son heaume d'acier brun, le lui brise sur la tête et le fend; la lame descend jusqu'à la chevelure, prend de la chair une pleine paume et davantage; l'os reste à nu. Charles chancelle, il a failli tomber. Mais Dieu ne veut pas qu'il soit tué ni vaincu. Saint Gabriel est revenu vers lui, qui lui demande: "Roi Magne, que fais-tu?"

Quand Charles a entendu la sainte voix de l,ange, il ne craint plus, il sait qu'il ne mourra pas. Il reprend vigueur et connaissance. De l'épée de France il frappe l'émir.
Il lui brise son heaume où flambent les gemmes, lui ouvre le crâne, et la cervelle s'épand, lui fend toute la tête jusqu'à la barbe blanche, et sans nul recours l'abat mort. Il crie: " Montjoie!"(...)


vendredi 16 août 2013


Belle journée pour être polythéiste. Pendant que les "monos" se disputent la mort comme s'il ne restait que quelques tombeaux disponibles, je suis libre de rendre hommage au soleil, à l'air et... au dieu grec du yogourt, tiens.